Cet article est très intéressant mais il oublie les deux principaux problèmes actuels de l'industrie du jeu video
Premièrement la canibalisation du marché aussi bien au niveau du hardware que du software. Il n'y a jamais eu autant de consoles disponibles en même temps en magasin (...) Les developpement sont rapides et peu chères et tous les editeurs se sont lancés sur ce marché jusqu'à saturation.
Deuxièmement le marché de l'occasion qui explose en ce moment. Même s'il est possible de l'interdire par les editeurs, il est trop tard pour le controler et c'est le principal manque à gagner pour les editeurs et les auteurs, très loin devant le piratage.
Ah tiens j'avais pas vu ça.
Déjà merci à nos nouveaux arrivants. Ca fait plaisir de lire un peu sur ce forum et de voir que les gens réagissent à nos articles de temps en temps.
Maintenant, parlons.
Tu as partiellement raison. Pourquoi car les deux raisons invoquées viennent d'un mal plus profond et tu ne feras croire à personne que 1) c'est difficile de vivre pour un éditeur à l'heure actuelle quant il n'a pas eu la présence d'esprit d'économiser hier, 2) que le marché de l'occasion qui s'est développé pour permettre à sa cible de jouer plus est une menace réelle.
Pourquoi je dis ça. Alors premièrement, les éditeurs peuvent pleurer aujourd'hui, ils sont responsables.
Responsables 1) d'avoir ouvert au plus grand nombre, 2) s'être ruiné par des campagnes marketing, des opérations de communication épuisantes pour tenter de convaincre. Oui, pour toucher plus de gens, il faut des moyens mais ces moyens devraient être réservés au développement et non pas à la communication. C'est le premier point. Le jeu vidéo à force de vouloir devenir un grand média s'est auto-plombé en ne maitrisant ni sa popularité soudaine, ni son portefeuille.
Deuxième point, l'occasion. Oui c'est un manque à gagner pour les éditeurs et oui, c'est pire que le piratage mais une fois de plus ce phénomène a été généré par la société, sa soif de mondialisation, son modèle capitaliste qu'il serait trop facile de conspuer aujourd'hui alors que le jeu vidéo est le premier média à s'être engouffré dans ce type de politique. Faut pas venir pleurer du retour de la médaille lorsque, pendant des années, on parade comme un nabab. Il faut un peu de cohérence dans tout cela. Et la distribution a toujours été l'enfant modèle du capitalisme. On sait qu'ils prennent de gros pourcentages, on sait aussi que le jeu est sans aucun doute le moins bon négociateur sur ce marché.
Il est évident que dans sa position, il a peu de chance de réussir puisqu'il est dépendant d'un paquet de paramètres (distribution, joueur, succès critique, campagnes et bien entendu de budgets de plus en plus colossaux). Cependant, il rogne sur le développement en essayant de jouer sur des effets de mode en pensant s'en tirer à bon compte. Si c'est pas du désaveu...
Mais pourquoi en arriver là ? Parce que le jeu vidéo A CREE ça. Le problème est là. A force de vouloir aller sur le terrain du cinéma, il faut des budgets sans cesse plus importants. Problème : un jeu pour être rentable doit être vendu au moins 50 € quand ce n'est pas 70. IL EST LA LE PROBLEME.
C'est cher et en totale inadéquation avec le monde dans lequel on vit et où on parle d'économie tous les jours. Il est en totale inadéquation avec les priorités des gens réels. A force d'aller se flatter l'entre-jambes à Los Angeles, on finit par perdre de vue LA REALITE.
Du coup, on en arrive à un second problème : le tout technologique (iPhone, téléphones portables de ouf, Internet) a généré une nouvelle génération. Et cette nouvelle génération est de plus en plus exigeante (enfin je me comprend) et veut sans cesse que ce soit plus « réaliste », plus « beau », plus « impressionnant », plus « spectaculaire », plus "rapide". Que les éditeurs ne viennent pas pleurer lorsque pendant près de 10 ans, 1 jaquette de jeu sur 2 rappelle le cinéma et met en avant des héros de films d'action / blockbuster.
Ils ont crée une demande inexistante, maintenant ils sont bloqués. Car les jeux coutant de plus en plus cher, ils ne peuvent plus faire marche arrière.
Seule alternative possible : la DS, la Wii et à la rigueur la PSP (même si aucun jeu ne s'y vend, c'est bien connu qu'il s'agit davantage d'une histoire d'images que de ventes - regardez on fait des jeux PlayStation sur portable). Ceci signifie des coûts de production moins élevés, davantage de chance de rentabilité ou bien engranger pour produire un gros jeu qui est l'apanage obligatoire de tout éditeur. En gros sans GROS JEU sur Next-gen, tu n'existe pas ou peu pour LES MEDIAS.
Seulement produire un GROS JEU aujourd'hui c'est du niveau du cinéma voire au-delà d'un « certain » cinéma. Et pour rentabiliser, faut se saigner deux fois plus. Résultat : on presse comme des citrons les studios, les faisant fermer les uns après les autres ou provoquant des « suicides professionnels » pour un paquet d'entre eux. Par contre les éditeurs eux...
C'est pas la même chose. Preuve en est. En pleine crise financière, on arrive à produire un Modern Warfare 2. Comment est-ce possible si ce n'est de choisir comment on dépense l'argent des autres jeux ?
Donc oui, les éditeurs sont victimes de la crise et c'est dur à vivre pour tout le monde. M'est-avis qu'on enlève 40% de buget marketing, qu'on enlève ne serait-ce que 30% dans le développement, 1) on aurait plus d'idées (c'est bien connu, l'absence de moyens poussent à la créativité - Carpenter en est un bel exemple), 2) on ferait des jeux-jeux et on arrêterait de vouloir toucher du doigt la réalité, 3) on reviendrait à des fondamentaux et on arrêterait de péter plus haut que notre cul.
Seulement voilà, ceci est impossible car avoir de la visibilité dans le monde dans lequel on vit signifie survivre. Donc le piège se referme et l'industrie d'être responsable de son propre malheur.
Moralité : les médias ont pris beaucoup trop d'importance et la mondialisation c'est de la merde.