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Business
5 octobre 2009
Analyse
Le jeu vidéo à l'épreuve de la crise
illustration
Le jeu vidéo est un cas à part – ou du moins était – en termes de fiance mondiale. Peu de micro-crises peuvent altérer une industrie aussi dynamique. Parce que le jeu vidéo est ultra-concurrentiel (trois constructeurs s’y font face via six machines majeures, et une galaxie d’éditeurs gravitent autour de ces astres), il risque peu de s’enfoncer dans une monotonie d’habitude, d’autant qu’il ne peut être trusté. La fréquence de sortie des produits en fait une des industries les plus prolifiques du monde (avec le cinéma et la musique) et permet d’éviter (en théorie) tout essoufflement par manque de combustible.
Pete, Gameweb.fr
Page 1 - Une conjecture difficile  
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Page 1 - Une conjecture difficile

Avant-propos : Cet article a été écrit entre août et septembre 2009. Pour une raison inconnue, il a été publié bien tardivement. Par conséquent, considérez que l'analyse porte sur les résultats des éditeurs, déclarés jusqu'à mi-septembre. Bonne lecture.

 

 

le soleil brille presque toujours sur la planète vidéoludique. Presque ; ces derniers mois ont été quasi-unanimement catastrophiques. Les chiffres rendus publics par les éditeurs concernant leur premier trimestre d'exercice pour l'année fiscale 2009-2010 sont consternants, quand ils ne fichent pas les jetons.

Même le roi Nintendo sent trembler les fondations de son trône, plombé par un marasme économique et une baisse sidérante de la consommation de ses

« jeux-apéritifs » destinés au tout-un-chacun.

 

 

Reports en masse, annulation voire silence gêné sur certains projets attendus, licenciements un peu partout dans le monde et halte-là aux expérimentations de tous poils pour se recentrer sur les acquis lucratifs (Guitar Hero 32, PES 53 et Fifa 78 par exemple), on serre ceintures et vis chez les éditeurs, pourtant encore riants de toutes leurs blanches dents de golden-boys un an auparavant.

La raison ? Pas seulement la crise (trop facile) ni une perte de vitesse d'une industrie qui n'a jamais été autant exposée, visible et concurrentielle. Et s'il s'agissait d'un retour de bâton, collatéral à une crise plus psychologique que réellement financière chez des consommateurs peu sûrs, peu fidèles et peu concernés ?

Vous savez, les fameux « Casual Gamers »...

 

Décryptage.

 

D'abord, les chiffres. L'exercice peut s'avérer barbant mais finalement, il est nécessaire. Les trois éditeurs stars du milieu ont eu un printemps difficile, sauf à l'ouest, où le climat a semblé plus clément :


Sony a connu un premier trimestre catastrophique, vendant, par rapport à la même période en 2008, 500.000 PS3 et presque 65% de PSP (3.7 M à 1.3 M) de moins. Coté softwares, ce n'est guère mieux, avec presque 45% de baisse des ventes de jeux PS3 (24 M à 14.5 M) et 30% sur PSP (12M à 8.3M). A part une baisse radicale des prix des bécanes et un carton colossal des PS3 Slim et PSP Go ! , la fin d'année risque d'être rude.

 

• L'intouchable Nintendo n'a pas eu le temps de rire des déboires de son compatriote, accusant un recul des ventes de ses machines et softs de plus de 40% entrainant une baisse de CA de près de 60% ( !). La WII à divisé sa distribution par deux (2.23 M contre 5.17 M en 2008) et si la DS résiste, elle a quand même vu ses chiffres rognés (5.97 M contre 6.94 M). Cependant, le géant nippon garde la tête hors de l'eau et n'est absolument pas au bord du gouffre, puisque ses prévisions nettes sur la période sont de l'ordre de 500 milliards de yens (soit plus de 3.5 milliards d'euros).

 

• Selon Aaron Greenberg, manager du groupe, Microsoft a vendu 20% de consoles en plus au cours des six premiers mois de l'année 2009 (il est le seul constructeur à observer un étalement et même une progression de ventes, Sony et Nintendo ayant perdu des parts de marché), et a également fait progresser de plus de 70% les ventes virtuelles du Xbox Live. Des chiffres qui font effectivement envie, et qui ne sont pas sans rapport avec l'indéfectible fidélité de Microsoft à la communauté hardcore, hypothèse confirmée par Greenberg lui-même qui considère que la stratégie du géant de Redmond de confirmer d'abord ses rapports avec les hardcore gamers puis de s'ouvrir au casual via, par exemple, le « projet natal » était la bonne stratégie. Il note également le rapprochement récent (et un poil tardif) de ses deux concurrents avec cette communauté et considère qu'il s'agit de « la bonne chose à faire pour eux ». Un fin limier cet Aaron.

Coté constructeurs donc, ce n'est pas réellement la joie. Mais ce qui fait une console, c'est avant tout ses titres, pas son look ou la manière dont on y joue.

Les éditeurs sont-ils à ce point en train de ramasser leurs dents ou y a-t-il juste un poil d'alarmisme et de méfiance ?

 

• On commence avec une bonne nouvelle, pour eux, et un signe enfin positif pour changer. Activison Blizzard, le leader franco-américain du milieu a annoncé avoir dépassé son objectif pour le quatrième trimestre consécutif. Avec 1.038 milliards (soit plus de 720 millions d'euros) de dollars (contre 1Ma initialement annoncé), l'éditeur peut effectivement sourire. Cette belle réussite s'explique par les sorties cumulées de Prototype, Transformers 2 et X-Men Origins : Wolverine, ces trois titres ayant réalisé d'excellents démarrages.

Mais avant tout, il y a World of Warcraft, qui représente à lui seul le tiers du C.A. de l'éditeur (!) (soit environ 250 millions d'euros sur le trimestre) et à quelque millions près les chiffres de vente cumulés par la Xbox 360 et la Wii sur la même période... Ça donne le tournis.

 

• Le très estimé Square Enix tient bon la barre, même si le fin du trimestre s'est avérée plus grise que rose. L'acquisition d'Eidos pour un total de 13.5 milliards de yen (96 millions d'euros) dans ce contexte difficile ajouté à la fusion des divisions online et offline (formant désormais la division jeux vidéos du groupe) a plombé le C.A. trimestriel. Pourtant, les chiffres japonais, soutenus par la sortie de Kingdom Hearts 358/2 Days et l'exploitation stable et efficace de Final Fantasy XI sont en progression de plus de 7% par rapport à 2008 (avec une finalisation à plus de 60 millions d'euros). Les pertes sont donc dues aux divisions américaines et européennes, en chutes respectives de 30 et 42 %, en incluant cependant les pertes d'Eidos pour la première fois. Square Enix compte du coup sur les objectifs pharaoniques de DraQue IX ainsi que, en Europe, de Kingdom Hearts 358/2 Days, Dissidia : Final Fantasy et Batman : Arkham Asylum pour re-booster les chiffres.

 

Take Two Interactive (Bioshock, Mafia ou encore, bien sûr, GTA) encaisse lui de très lourdes pertes, (40 millions d'euros avec une division par trois de ses chiffres d'affaire et de vente). Faisant face à l'effet « GTA IV, un an après » et incapable de positionner un titre fort pour tamponner l'amplitude entre les deux années, l'éditeur compte sur l'extension The Ballad of Gay Tony et sur les versions PSP et iPhone de GTA : Chinatown Wars pour boucler son année, après avoir repoussé tous ses gros projets (Bioshock 2, Mafia 2, Max Payne 3 et Red Dead Redemption) au milieu de l'année prochaine, et donc à l'année fiscale 2010-2011.

 

Midway n'a pas eu cette chance.

Déclarée placée en redressement judiciaire le 11 février, le créateur de la série des Mortal Kombat a été progressivement démantelé, au gré des rachats de structures et de catalogue par ses anciens concurrents (c'est finalement Warner qui emportera la mise pour la somme, dérisoire, de 49 millions de dollars, soit 32 millions d'euros). Le siège de Chicago, rebaptisé WB Games, se déleste de 20 personnes (dont le CEO Matt Booty), pour un total de 95 licenciements dans le monde. Incapable de faire face à la baisse de consommation de jeu undergrounds et finalement détenteur de licences à faible potentiel de redressement Midway a été le premier « gros » éditeur à valser, suivi de près par 3D Realms.

 

 

3D Realms donc, qui après un incroyable imbroglio financio-judiciaire au cœur du mois de mai (fermera, fermera pas ?) a finalement abandonné toute licence et viré l'équipe responsable (coupable ?) du développement interminable - et interminé donc - de Duke Nukem Forever. Après les attaques de Take Two, lui aussi en difficulté et qui a allongé plus de 12 millions de dollars pour cette arlésienne dont il ne récupère pas la licence, un accord semble avoir été trouvé. Contrairement à ce que peut laisser penser son billet d'adieu du 10 mai, l'éditeur précise une semaine plus tard qu'il ne « fermera pas » mais va se restructurer en profondeur et devenir beaucoup plus petit. L'avenir du studio semble passer par le développement de titres de moindre envergure basés sur la licence Duke Nukem, qui représente toujours une certaine manne.

 

• Les licenciements sont le commun de petits, moyens et même gros studios en cette période funeste, ainsi Maxis (Les Sims), Raven (Wolfenstein), NCSoft (Aion) délestent pour maintenir leurs chiffres.

 

Bottlerocket (Xiaolin Showdown, The Mark of Kri) qui s'est vu déchargé du développement de Splatterhouse par Namco Bandai, ne s'est finalement pas remis de ce revers et annonce le 4 septembre sa fermeture définitive. Le jeu quand à lui est maintenu mais repoussé à 2010, au moins. Pour changer.

 

Grin (Bionic Commando, Terminator : Renaissance) a également fermé ses portes, certains de ses membres ayant décidé de prendre un nouveau départ sous le nom d'Outbreak Studios...

 

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du Web

Interview longue et complète du chef de projet du nouveau Guitar Hero chez Neversoft. Instructif.

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